Depuis 2014, Disney réalise des adaptations, ou remakes, de ses films d’animation les plus populaires. Et l’on y trouve souvent des modifications dans les paroles des chansons. Pourquoi ? Cela tient beaucoup à des questions de traduction et à l’actualisation des messages.
Disney réalise au moins un remake par an depuis 2014, ce qui nous a laissé un nouveau catalogue de films pour enfants (et moins enfants) que les plus nostalgiques ne peuvent s’empêcher de comparer aux originaux. Et ces comparaisons nous mènent aussi aux chansons, signe distinctif de ces films, avec lesquelles plus d’une génération a grandi. Pourquoi ces chansons changent-elles ? Pourquoi certaines sonnent-elles si différemment, au point que les paroles ont été modifiées ? L’explication tient souvent à leur traduction. Même si les chansons des films d’origine sont profondément ancrées en nous, les remakes de Disney passent par de nouvelles équipes de traduction. Bien que la version originale conserve les mêmes paroles que dans les premiers films, en Espagne elles sont traduites de zéro. Et il revient à ces équipes, ainsi qu’aux consignes des distributeurs, de décider d’être totalement fidèles à l’original… ou non. Mais les paroles ont également été actualisées. La sensibilité de la société a changé et Disney adapte ses messages aux enjeux d’aujourd’hui. Certaines paroles des classiques contiennent des vers qui peuvent aujourd’hui être jugés peu appropriés, pour des questions de sexisme, de racisme ou d’homophobie, par exemple. Ou, parfois, simplement parce qu’ils abordent des sujets ou des références qui ne sont plus d’actualité et ne seraient pas compris. Voyons quelques exemples.
Aladdin (1992 vs 2019)
Une lampe merveilleuse, un amour presque impossible et la colère du vizir. L’entrée d’Aladdin dans la ville d’Agrabah est un véritable spectacle dans les deux versions. La chanson interprétée par le Génie est assez semblable d’une version à l’autre, mais elle comporte deux changements très importants : l’acteur d’origine (Robin Williams vs Will Smith) et l’absence de certains couplets qui, en 1992, faisaient référence à la culture pop américaine. “He’s got seventy-five golden camels Don’t they look lovely, June? Purple peacocks, he’s got fifty-three Fabulous Harry, I love the feathers!” Ces références à June et Harry sont des imitations, par Robin Williams lui-même, de personnages (le premier étant un rôle qu’il avait tenu) très connus aux États-Unis à l’époque. En Espagne, ces phrases ont été adaptées, interprétées par Josema Yuste et truffées de clins d’œil de l’époque à son duo Martes y 13. “Tiene de oro un montón de camellos Aquí Radio Pincho Moruno Pavos reales con su pedigrí Tú siempre tan oportuno, Bruno” Et dans la version de 2019, avec Will Smith en Génie et le doublage espagnol de Daniel García ? Ces phrases disparaissent tout simplement.
Encore des remakes Disney : La Petite Sirène (1989-2023)
Les changements des remakes Disney nous parviendront aussi en cette année 2023 avec l’adaptation de La Petite Sirène. Bien qu’au moment d’écrire ce billet le film ne soit pas encore sorti, son réalisateur, Rob Marshall, a annoncé qu’il contient les chansons originales composées par Howard Ashman et Alan Menken, que trois nouvelles s’y ajoutent… et que les paroles d’au moins deux titres sont modifiées car elles véhiculent des messages qui peuvent aujourd’hui être perçus comme sexistes ou fondés sur la domination. Les chansons concernées par ces changements sont Bésala (Kiss the Girl) et Pobres almas en desgracia (Poor Unfortunate Souls) “No hacen falta palabras Calla, déjalo, no digas nada, no Tan sólo bésala” Ces vers sont-ils suffisamment insensibles pour devoir être changés ? Nous le verrons après la sortie.
Maintenant que nous connaissons les raisons de ces changements dans les remakes Disney, nous analyserons dans le prochain billet d’autres remakes et les modifications apportées à leurs paroles.
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